Charles de Clugny (1862-1930)
Charles de Clugny Charles Marie Jules de Clugny, dit Charles de Clugny, naît le 19 février 1862 au 27, rue d’Anjou Saint-Honoré, à Paris 8e.
Son père, Charles Marie Léopold Marquis de Clugny (une famille originaire de Bourgogne), est diplomate à l'ambassade de France en Russie. Il est également chevalier de l’Ordre Pontifical de Saint-Grégoire-le-Grand, trésorier de la fabrique de Saint-Honoré, et vice-président de l’Association Caritative des Femmes du Monde. Sa mère, Sophia Nikolaïevna Arsenieva, est russe, et elle est née à Moscou.
En 1909, le 30 janvier, Charles de Clugny se marie à Bois-Colombes, dans les Hauts-de-Seine, avec Anne-Jeanne Zablot, dont la famille est originaire de Meurthe-et-Moselle.
En 1930, le 25 mars, il décède à 68 ans, dans sa résidence de Crozant. Il est inhumé au cimetière du village.
Formation & carrière
Charles de Clugny s’initie jeune à la photographie. Il découvre à la fin du 19e siècle les paysages de la Vallée de la Creuse et de la Sédelle. Il réalise de beaux clichés du château de Crozant et de ses environs. Toutefois, très vite, il est attiré par un autre genre de photographie : le nu. C’est un pionnier dans ce genre d’art.
En 1909, c’est aussi l’achèvement de la construction, de la Villa des Bréjeauds à Crozant. C’est un architecte de Limoges, Henri Geay, qui a édifié déjà plusieurs maisons, dont la Villa Rocca de leur ami Alluaud, qui est à l’origine des plans. Charles de Clugny achète à Vitrat, une parcelle donnant sur la Sédelle et le château pour y faire édifier une résidence secondaire, afin d’être plus proche de ses amis photographes. Cette demeure est équipée de plusieurs espaces dédiés à la pratique de sa passion, la photo.
Il présente dans différents salons, hors de la région, des photographies de la Creuse, des nus et des scènes de genre, témoignant d’un goût naissant pour la « mise en scène » photographique.
L'installation de Charles de Clugny à Crozant marque un tournant essentiel dans sa carrière. En rejoignant ce haut lieu du paysage français, il délaisse l'artificialité des studios parisiens pour une approche beaucoup plus naturaliste et sauvage. Charles de Clugny occupe une place singulière dans l'histoire de la photographie française du tournant du XXe siècle. Bien que moins célèbre que certains de ses contemporains, il a les moyens de sa passion et l’effectue en dilettante dans une démarche artistique affirmée, notamment à travers l'étude du corps humain. Contrairement à la photographie érotique clandestine de l'époque, de Clugny place ses modèles dans des contextes mythologiques ou bucoliques, utilisant des accessoires (lyres, draperies) pour légitimer la nudité par l'art. Il maîtrise les procédés de tirage complexes de son temps, cherchant à donner à ses photos une texture proche de la gravure ou du dessin.
Photographe - Paris - Crozant
