Brève histoire de la photographie

Au début du XIXe siècle, l’avancée scientifique permet d’envisager de fixer une image sur un support par un moyen autre que la peinture ou le dessin, sans nécessiter la main d’un artiste.

Nicéphore Niépce est le premier à réussir. Après des années d’expérience, en 1822, il fixe une image sur une plaque de verre. Elle est enduite de bitume de Judée, puis enfermée dans une boîte obscure dans laquelle on a fait d’un trou.  On est loin des appareils photo modernes !  Le temps de pose est le plus grand problème que les inventeurs ont dû surmonter. Les clichés de Niépce exigent plusieurs jours d’exposition, pour un résultat peu convaincant. Il s’associe jusqu’à sa mort en 1833 à Daguerre, se consacrant à l’amélioration de sa technique. Louis Daguerre découvre qu’il est possible de réduire le temps de pose à une dizaine de minutes en utilisant des vapeurs de mercure. Le fixatif est une solution à base d’eau chaude salée. Le support est une plaque de cuivre enduite d’argent, rendue sensible par des vapeurs d’iode. L’image unique obtenue n’est pas duplicable et le procédé est assez dangereux, en revanche, le résultat est une belle image positive.

Au fil des innovations, le temps d’exposition est considérablement réduit. De plus, l’invention du négatif permet de créer des tirages sur papier et, par conséquent, de multiplier l’image. On peut citer l’Ambrotype, apparu en 1851, et le Ferrotype, créé en 1853. 

L’année 1871 marque l’avènement de la photographie sur plaque en gélatine-bromure d’argent. Contrairement au collodion, un mélange de coton, d’éther et d’alcool, plongé dans du nitrate d’argent, le nouveau procédé peut être préparé d’avance. Il permet aux photographes de sortir du laboratoire et de faire des clichés à l’extérieur. On peut aisément comparer cette révolution à l’invention du tube de peinture pour le peintre. Sans lui, il n’y aurait probablement pas eu de paysagistes ! 

Avec la plaque, le temps de pose descend sous la seconde, ce qui permet d’obtenir des clichés extrêmement précis. De plus, il est possible de tirer autant d’épreuves papier que nécessaire à partir du négatif original, ce qui donne ainsi naissance aux cartes postales. Jusqu’en 1903, les peintres détiennent encore un avantage sur les photographes. Cependant, l’invention de l’autochrome par les frères Lumière marque un tournant grâce à l’utilisation de la fécule de pomme de terre teinte en trois couleurs. 

Désormais, la photo est en couleur.

Kodak, une entreprise américaine fondée par George Eastman en 1881,  révolutionne la photographie en créant une pellicule souple, un film de 70 mm de large qui s’enroule sur lui-même. Le processus de développement de ces photographies en noir et blanc exige le retour de l’appareil photo auprès du fabricant, qui s’occupe du tirage sur papier et de la recharge de l’appareil.  Des artistes tels que Caillebotte ont saisi l’opportunité de capturer des instantanés, ce qui leur permet de peindre des scènes de rue. Pour survivre, les peintres ont révolutionné cet art millénaire… On peut citer les impressionnistes qui ont délaissé le réalisme et découvert un art nouveau.

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